“This is It
This is really It.
This is all there is.
And it’s perfect as It is.
There is nowhere to go
but Here.
There is nothing here
but Now.
There is nothing now
but This.
And this is It.
This is really It.
This is all there is.
And It’s perfect as It is.”
James Broughton, This Is It #2
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“The future is not as good as it used to be”
The Tinklers
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“Israël a perdu la guerre de Gaza, et l’a perdue sur tous les plans,; malgré le fait qu’elle est l’armée la plus technologique du monde, soi disant – allez, juste après celle des USA, ou juste avant, quelle importance ? Perdu, sur le plan militaire, – oui, sur le plan militaire, parce qu’en multipliant les morts (près de 100.000 ? — saura-t-on un jour ?), elle n’est arrivée à aucun de ses objectifs : ni éradiquer le Hamas, ni expulser les Palestiniens, ni annexer à nouveau Gaza, ni créer Gaza-Plage avec les USA. A rien du tout. Juste à créer des ruines et apparaître, aux yeux du monde tout entier, – aux yeux des peuples du monde tout entier, dois-je préciser, – pour un État terroriste, monstrueux et dont l’image, pour tous, n’est même Netanyahou, escroc et roublard, mais Ben-Gvir, – qui est dans son gouvernement après avoir, sa vie durant, appelé au meurtre des Palestiniens, et soutenu les meurtriers une fois qu’ils avait commis leur acte (on peut se souvenir qu’avant d’entrer au gouvernement, il avait applaudi les assassins qui avaient brûlé un couple de Palestiniens et leur bébé et avait assisté à un mariage pendant lequel pendant lequel les mariés poignardaient « symboliquement » la photo d’un bébé palestinien, – épisode sans suite judiciaire, parce que, par un hasard très opportun, la video du meurtre avait été perdue par les services de la justice israélienne. – Israël, aux yeux des gens, aujourd’hui, c’est l’image de ce monstre.
Ce monstre qui vient sabler le champagne à la Knesset quand les députés israéliens adoptent la peine de mort, et la peine de mort sélective (pas pour les terroristes juifs), qui sable le champagne en arborant un pin’s qui représente un nœud coulant. Un type qui explique à la télévision que, certes, pour l’instant, il faudra encore des mois et des mois avant que cette peine de mort soit appliquée, parce qu’il y a toutes sortes de recours devant la Cour suprême, mais que, lui, il a déjà fait commander des uniformes rouges pour ceux qui sont menacés d’être pendus. C’est lui, aujourd’hui, celui qui supervise, personnellement, l’usage systématique de la torture dans les prisons israéliennes, l’image d’Israël.
C’est lui, l’image d’Israël, – ce ne sont pas les manifestants qui protestent, parce que, au moment où j’écris, les protestations n’ont pas le pouvoir, et de très loin, de changer le cours des choses. L’image d’Israël, aux yeux du monde, c’est celle-ci.”
André Markowicz, Journal en ligne, Facebook, 10 avril
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“Nous devons reconnaître dans l’enclos fait à partir de poteaux et de petites branches attachées entre elles et la clôture produite par entrelacs, dont l’achèvement suppose une technique, que la nature a pour ainsi dire donnée à l’homme, la plus ancienne cloison produite manuelle-ment, la plus primitive démarcation spatiale verticale inventée par l’homme.
Partant de l’entrelacement de rameaux, la transition au tressage de fibres végétales à des fins également liées à l’habitat, est facile et naturelle.
De là on en vint à l’invention du tissage, d’abord avec des brins d’herbe ou des fibres végétales, ensuite avec des fils tressés d’origine végétale ou animale. La variété de couleurs naturelles des pousses conduisit bientôt à les utiliser de manière alternée, et c’est ainsi qu’apparut le motif. On dépassa bientôt ces ressources naturelles de l’art avec la confection d’étoffes. La coloration et le tissage de tapis aux couleurs variées afin d’habiller la paroi, couvrir le sol et servir de toit, furent inventés.
Quel qu’ait été le déroulement progressif de ces inventions, de cette manière ou d’une autre, il reste certain que l’utilisation de tissages grossiers, en commençant par l’enclos, pour séparer le home, la vie intérieure de la vie extérieure, en tant qu’élaboration formelle de la notion d’espace, précéda certainement le mur, encore simplement construit en pierre ou avec un autre matériau.”
Gottfried Semper, L’art textile : aspects techniques et historiques
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« L’autoprésentation est donc une sorte d’exigence qui incombe à toute vie : apparaître, se montrer pour ce qu’on est. L’être pur et simple (la simple existence positive) ne suffit pas : il faut en outre “apparaître”, c’est-à-dire donner forme, dans le champ du visible (mais il peut s’agir aussi de manifestations acoustiques ou olfactives), à la singularité de ce que l’on est »
Adolf Portmann, La forme animale, 1961
“La vie, ce n’est pas suivant la définition de Bichat, l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort, mais c’est une puissance d’inventer du visible.”
Maurice Merleau-Ponty, Cours du Collège de France, 1957-58
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“Joseph [Cornell] n’avait pas peur des sentiments, il insistait même sur leur importance, cela faisait partie de son système de croyance qu’il y avait des moments cristallisés dans des sentiments du passé. L’influence de Proust là encore. Ces moments pouvaient être reprécisés et revitalisés par la mémoire jusqu’à qu’une sorte d’épiphanie de la vision soit atteinte. Je l’ai entendu utiliser le mot d’épiphanie de nombreuses fois. Cela semblait lui causer une réelle peine si l’un de ses moments commençait à s’évanouir. […] Il fut assez spécifique avec moi un jour. Il m’a dit que sa préoccupation dans le travail était seulement de tisser des fils de réminiscences les uns avec les autres.”
Lawrence Jordan
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“La réminiscence n’a pas le poids du souvenir, elle est plutôt la touche fugitive qui nous effleure, souvent même à notre insu ; à la fois il en reste quelque chose et il n’en reste rien, il en reste quelque chose qui n’est pas rien ; c’est une trace qui ne laisse pas de traces! Un parfum de glycines au printemps dans une rue de Paris, l’odeur de la pluie en octobre sur le fer des balcons, une odeur d’herbes brûlées à la campagne, une épicerie de village qui sent le poivre et la naphta-line… et nous voilà subitement envahis par une langueur inexplicable, habités par ces présences infimes et intimes que l’on n’ose pas appeler souvenirs.”
Vladimir Jankélévitch, Quelque part dans l’inachevé, 1978
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“Étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait.”
Victor Hugo
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“Selon Proust, c’est pur hasard si l’individu reçoit une image de lui-même, s’il peut s’approprier son expérience.”
Walter Benjamin
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”« À l’époque où Samuel Beckett était encore jeune homme, au début des années 1930, cherchant un point de départ qui lui permettrait de se développer, il écrivit un essai intitulé Proust, où il interrogeait la conception proustienne du travail créatif, citant le credo artistique exprimé dans Le Temps retrouvé : “Le devoir et la tâche d’un écrivain [non d’un artiste, d’un écrivain] sont ceux d’un traducteur.” Cela pourrait également se dire d’un compositeur, d’un peintre ou de quiconque pratique un métier artistique. Un artiste, c’est quelqu’un ayant un texte qu’il ou elle veut déchiffrer. »
Bridget Riley, “Painting Now”, 1997