
“Quand j’ai commencé à travailler sur la sculpture du requin de Headington, la graine de l’idée est venue de croquis que j’avais faits en descendant vers le sud, sur la route côtière, à travers l’Égypte jusqu’au Soudan. À ma droite, des montagnes de roche noire — le paysage inhospitalier du désert oriental du Sahara. À ma gauche, la mer Rouge, la soupe la plus étonnante de formes de vie de toutes sortes et de toutes les couleurs imaginables : poissons-perroquets multicolores, raies manta comme de grands oiseaux nageant dans les profondeurs, et requins, tigres, marteaux, barracudas qui dominaient ces eaux. Nager dans ces eaux relevait moins de la détente rafraîchissante que d’une sensation de peur venue d’en bas. Plouf.
Certains des croquis que j’ai dessinés à cette époque représentaient des requins quittant les profondeurs marines et parcourant le paysage comme des missiles prédateurs.
De retour à Oxford, au printemps 1986, des avions décollaient d’Upper Heyford, larguant leur chargement depuis un ciel bleu clair sur la Libye. Nos peurs et nos vulnérabilités venaient cette fois-ci d’en haut.
Tôt le samedi matin, au 41e anniversaire du largage de la bombe atomique sur Nagasaki, au 2 New High Street, dans le faubourg de Headington, à Oxford, « Untitled 1986 », plus connue sous le nom de The Shark House, était lancée ; techniques mixtes — brique, ardoises, bois, métal, résine polyester, verre, plâtre, peinture à l’huile, rideaux en dentelle et jardinières de fenêtre…”
John Buckley

























